En arrivant du Nord, Rodi Garganico est le premier village important que l'on rencontre sur la côte, après avoir quitté l'autoroute et pris la nationale en direction du Gargano. Perchée sur un rocher aux motifs surprenants modelés par les vents, Rodi est blottie autour de son centre historique qui, à part quelques réminiscences du XIXème siècle, a su préserver intacte sa tradition de village de pêcheur. Dans un enchevêtrement de ruelles et de marches, les maisons blanches et délicatement pastel, semblent vouloir se chevaucher en suivant les lignes obliques des escaliers, dans le quartier Vuccolo. Cherchez-y l'ancienne porte de la ville dont il ne reste désormais qu'un arc surmonté d'une inscription. En la franchissant, vous vous retrouvez à l'endroit du village d'où le panorama est unique. À l'heure de l'apéritif, prenez un verre dans un des bars donnant sur le belvédère : ils ouvrent leurs portes l'un après l'autre dès la fin du printemps. Avant de descendre dans la vallée et de visiter la côte du Gargano, prenez la peine de vous arrêter au sanctuaire de la Madonna della Libera, célébrant la libération de la ville de Bénévent de la domination de Constant II, grâce justement à la Madone.
Aujourd'hui, la région de Rodi n'est pas la plus exploitée du Gargano du point de vue touristique, malgré ses splendides plages dorées si invitantes ; c'est aussi le point du continent le plus proche des îles Tremiti, pour une belle excursion en bateau, et un excellent point de départ vers les lacs de Lesina et Varano et vers la Forêt Ombrienne. Elle conserve en outre un joyau d'histoire auprès duquel les vacanciers passent souvent sans s'arrêter : Vico del Gargano. Très peu exploité touristiquement, le village se situe sur les hauteurs face aux plages de San Menaio. C'était autrefois la ville la plus importante du Gargano, siège des nombreux châteaux que Frédéric II de Souabe possédait dans le sud de l'Italie ; elle fut ensuite le territoire de familles très importantes durant le Règne des Deux Siciles. Centre politique et administratif, elle devait sa richesse à la production et au commerce prospères des agrumes qui parfument encore la campagne environnante. Il ne reste de son florissant passé que quelques monuments comme le château de Frédéric II, le Palazzo della Bella, de style florentin, le chêne vert séculaire, présent depuis la nuit des temps à côté du Couvent des Capucins, à l'extérieur des remparts, et les trois quartiers historiques du centre : Terra, Civita, fondé ver l'an 1000, et Casale, construit en 1600 quand les colonies albanaises stipulèrent un contrat avec le prince pour pouvoir habiter hors des remparts et travailler le jour à l'intérieur en échange de sa protection.
À la différence des autres bourgs historiques de la côte du Gargano, Vico n'offre ni boutiques d'artisanat créées ad hoc pour les touristes, ni « gelaterie » (glaciers) ni pâtisseries alléchantes ; c'est peut-être la raison pour laquelle on visite les ruelles dans une atmosphère de découverte et de mystère inconnues des localités plus fréquentées.
Vico accueille chaque année deux manifestations importantes qui valent le déplacement : Pâques, avec la traditionnelle procession solennelle suivie d'une fête quasi païenne, et la Saint-Valentin, le patron du village. Une curiosité : vous y découvrirez une ruelle si étroite qu'elle mérite bien son nom : vicolo del Bacio (la ruelle du Baiser), vu qu'il est impossible de ne pas s'effleurer dans cet espace si réduit. On raconte que les couples qui viennent s'y embrasser le jour de la Saint-Valentin se jurent un amour éternel.
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