Le Mont Saint-Odile. Ce haut-lieu de pélerinage accueille plus d'un million de visiteurs chaque année. Par temps clair, la vision peut s'étendre jusqu'à la Forêt Noire. © René Mattes
Bien avant qu'un monastère n'y soit édifié, le mont a été aménagé par les celtes vers 500 avant Jésus-Christ. Ils y ont bâti une enceinte fortifiée de 10 kilomètres de long, de 1,7 mètres de large pour trois mètres de hauteur, le tout couvrant une surface de 100 hectares.
Plusieurs fois restaurée, notamment par les celtes, ses matériaux ont servi ensuite à la construction de l'abbaye et de sa défense (de nos jours, le reste de cette construction constitue le mur païen).
Au 7ème siècle, Etichon, duc mérovingien qui règne sur l'Alsace, utilise le château de Hohenbourg comme résidence d'été.
Le duc qui souhaite avoir un garçon comme descendance, devient ivre de colère lorsqu'à la naissance de sa progéniture, il découvre que c'est une fille, et qu'elle est aveugle. Il veut alors la tuer. Mais la fillette est sauvée par sa nourrice qui l'élève.
Lorsqu'Odile se fait bâptiser, quelques années plus tard, elle recouvre la vue par miracle et devient belle.
Quand Etichon apprend de sa femme et de son fils que sa fille est toujours vivante, il entre de nouveau dans une colère noire et tue son fils de ses propres mains. Rongé par le remord, il décide alors de reprendre sa fille à ses côtés et entreprend de la marier.
Odile, qui ne désire vouer sa vie qu'à dieu, parvient à s'enfuir grâce, encore une fois, à un miracle. En effet, lors de sa fuite, un rocher s'entrouve pour la laisser passer.
Son père, témoin du miracle, est alors convaincu de la vocation de sa fille et lui lègue son château.
En 700, Odile y installe un couvent. Elle y meurt en 720. A partir de ce moment, son tombeau et le mont deviennent pendant des siècles un lieu de pèlerinage où l'on invoquait Odile pour les maladies des yeux.
Elle devient même la patronne de l'Alsace, où elle est fêtée le 7 juillet et le 13 décembre.
Au cours du Moyen Âge, le monastère de Hohenbourg a été plusieurs fois détruit puis reconstruit.
A la même époque, le monastère ne connaît pas que des heures sombres, il est aussi le théâtre, en 1195, de l'écriture d'un des plus beaux manuscrits d'Europe, composé par l'Abbesse Herrade de Landbderg, le « Hortus Deliciarum » (le Jardin des Délices).
Cependant, les agressions ne s'interrompent pas et, suite au pillage du couvent lors de la guerre des Paysans en 1521 et à l'incendie qui ravage les bâtiments en 1546, les moniales quittent Hohenbourg. Elles sont remplacées par des religieux Prémontrés et le mont reste ainsi un lieu de pèlerinage.
Avec la Révolution, les religieux sont chassés, le monastère profané, vendu et presque abandonné pendant 60 ans.
Ce n'est qu'en 1853, grâce à une souscription dans tout le diocèse, que le mont Saint-Odile est racheté, devenant la propriété de l'évêché de Strasbourg.
Entre 1926 et 1940, d'importantes restaurations sont entreprises par R.Danis, redonnant au site une impulsion notamment pour le pèlerinage, ce qui permet à l'hôtellerie de se développer.
La visite de l'édifice débute par l'entrée et la grande cour pavée avec les armoiries du Mont Saint-Odile, où s'élève une esplanade sur laquelle repose une vasque datant du 12ème siècle. La mosaïque, quant à elle, date de l'époque moderne.
Après la grande cour, on accède à l'église du couvent dont le chemin de croix en marqueterie, datant de 1934, est une réalisation de Ch. Spindler.
Le tombeau de la sainte se trouve dans la chapelle Saint-Odile. Le sarcophage date du 7ème siècle et contient les reliques de Sainte-Odile. On y voit aussi un bas-relief illustrant le baptême de la Sainte et Etichon délivré du purgatoire.
La chapelle des anges a été construite au 11ème siècle. Sa décoration intérieure, en mosaïque, une &œuvre de Franc Danis, est beaucoup plus récente,1948. Elle représente le rôle des anges dans le plan du Salut.
En quelques clics, profitez au maximum de notre comparateur de voyage en sélectionnant les critères de votre séjour pour une destination de rêve. Comparez 2477174 séjours parmi les tours opérateurs et voyagistes français majeurs.