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Cinema: Wasteland, de la poubelle au musée

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Wasteland, de la poubelle au musée

Wasteland, de la poubelle au musée

Vik Muniz est né au Brésil. Cet artiste mondialement connu pour ses séries de photos Pictures of Chocolate et Pictures of Junk vit aujourd'hui dans le quartier de Brooklyn à New-York. En 2010, il embarque pour Rio de Janeiro, suivi par la caméra Lucy Walker. Pendant trois ans, la réalisatrice va filmer la réalisation d'un projet artistique inédit. L'artiste s'installe à Jardim Gramacho, le quartier le plus pauvre de Rio de Janeiro, dans la plus grande décharge du monde. Au départ, Vik Muniz vient pour photographier des 'catadores' (des ramasseurs de déchets recyclables) dans des mises en scène composées à partir de tableaux rescapés des ordures.

Au fur et à mesure, le projet va prendre une toute autre dimension. L'artiste un peu agaçant du début qui lançait aux catadores 'Je suis aussi connu que Picasso au Brésil' va prendre conscience de la misère et de la détresse de ces ramasseurs, pourtant dignes et toujours souriants.

Ce film documentaire propose une réflexion sur la responsabilité de l'artiste envers son environnement. L'idée qu'une œuvre puisse réinventer la vie d'une ou plusieurs personnes peut paraître utopique mais donne un tout autre sens à l'art. Loin de la frénésie artistique contemporaine, Wasteland est une histoire humaine émouvante et pose une question : un film peut-il changer le monde ? La réalisatrice cède pourtant à quelques facilités émotionnelles ; musique mélodramatique, larmes plein cadre, use des mêmes techniques que les reality shows) mais la puissance et la beauté du projet sont telles qu'on lui pardonne volontiers. Vik Muniz et Lucy Walker n'ont pas sauvé le monde mais réussissent à transformer la vie et l'état d'esprit des habitants des favelas. Wasteland est un petit bijou de générosité mais reste lucide sur l'espoir mince de ces laissés pour compte.

Date : 05/06/2012

Note :

Note de nos experts

Prix moyen : 26,00 €

A conseiller
  •   A ceux qui s'intéressent au lien entre l'art, le social et l'environnement
A déconseiller
  •   Si le côté utopique de l'artiste bienfaiteur de la planète vous agace
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