En Iran, alors qu'il vient d'avoir 18 ans, Akbar attend son exécution après sa condamnation pour crime passionnel. Pressés par le temps, sa soeur -Firoozeh-et son meilleur ami -Ala-vont tout faire pour obtenir le pardon du père inconsolable de la victime et du même coup son salut. Cette lutte va rapprocher les deux jeunes gens.
C'est grâce à l'énorme succès critique et public du film, « Une séparation » sorti en 2010 que l'on peut découvrir cette œvre du réalisateur iranien Asghar Farhadi tournée en 2004. « Les enfants de Belle Ville » - sans rapport avec les faubourgs du XXe arrondissement à Paris - est un drame, une course pour la vie, se déroulant quelque part dans une ville en Iran.
Avec finesse et justesse, le réalisateur croise les parcours des personnages et esquisse les liens qui se nouent au fil des ressorts dramatiques jalonnant le combat de Firoozeh et Ala contre le destin . Le film aborde des thèmes forts (l'amour impossible, le sacrifice, le handicap, le pardon) et sans misérabilisme, dans une société étreinte et contrainte par un mal qui ne dit pas son nom. Car 'Les enfants de Belle Ville' est aussi intéressant pour cette fenêtre ouverte sur les Iraniens. Elle fait froid dans le dos quand elle donne à voir la survie dans laquelle ils vivent et une justice vissée à la religion, légalisant la loi du talion et ses calculs écoeurants, contraignant à régler le 'prix du sang', somme que la famille victime doit payer à celle du meurtrier qui sera exécuté (car comme l'énonce un juge, 'le prix d'un homme est le double de celui d'une femme'). C'est pourtant à Firoozeh jouée par Taraneh Alidoosti que le réalisateur offre le plus beau rôle du film, entre courage et tourment amoureux.
Le rattrapage sur le travail d'Asghar Farhadi tombe à point et nous fait attendre avec impatience son prochain film dont le tournage doit commencer à l'automne prochain, avec les acteurs français Marion Cotillard (La Môme) et Tahar Rahim (Un Prophète).
Date : 11/07/2012
Note :
Prix moyen : 10,00 €