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Plaidoyer pour l'hôtellerie

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11 mai 2012 - 11:10

Georges Panayotis est le fondateur et le dirigeant de MKG, l'un des principaux cabinets d'études du secteur touristique. Il vient, à ce titre, de publier un Livre blanc de l'Hôtellerie, sans aucun doute destiné à alimenter la réflexion du prochain gouvernement.
D'après lui - et tous les acteurs du monde du voyage partagent sa conviction - l'industrie hôtelière française serait « un moteur sous-exploité de la croissance économique ». Il souligne notamment le hiatus qui existe entre la réalité économique et sociale d'un secteur majeur de l'économie et sa perception par les élites de la nation comme un 'monde des loisirs' qui manque de sérieux.

Pour s'en persuader, il suffit d'observer l'historique des différents secrétaires d'Etat au tourisme qui se sont succédés à la fonction au cours de la Vème République. Outre le peu de temps passé en poste, ils ont tous un point commun : une méconnaissance absolue du secteur. Dès lors, deux écoles se sont opposées. Le secrétaire d'Etat qui ne fait rien et qui attend patiemment un nouveau maroquin (la majorité) ou le secrétaire d'Etat de bonne composition qui, vaille que vaille, tente des réformes, avec des succès des plus mitigés ; on se souvient par exemple, de la création du comité Label Palace composé de personnalités toutes extérieures à l'univers de l'hôtellerie...
Pourtant, l'hôtellerie est un secteur dont les chiffres parlent d'eux-mêmes : 7 à 8 % du PIB, 900 000 emplois, 77 millions de touristes étrangers reçus.
Georges Panayotis reconnaît cependant que « le secteur manque d'un lobby puissant, que ses forces sont dispersées dans des PME qui ne lui permettent pas de peser sur les décisions stratégiques du gouvernement, quel qu'il soit. Or, la pénurie de capacité et le vieillissement des infrastructures affaiblissent dangereusement notre compétitivité internationale ». Pourtant, estime-t-il, 'l'industrie hôtelière recèle des réserves qu'il faut simplement libérer'. 'Créer une dynamique de l'investissement, valoriser des filières injustement déconsidérées, organiser la promotion et réguler la distribution sauvage ne nécessitent pas de creuser encore le déficit public. Il s'agit souvent d'amorcer un mouvement qui peut très vite être relayé par les investissements privés», écrit-il. Et surtout générer davantage de ressources, à une époque où la chasse à l'euro est ouverte !

Cette richesse en sommeil pourra être entretenue et fructifiée à travers des résultats économiques pérennes si le nouveau gouvernement sait exploiter le capital du tourisme français. A ce propos, j'en profite aussi pour lancer mon petit appel au nouveau Président. Via trois doléances très surmontables : créer un véritable ministère du Tourisme, en lieu et place d'un secrétariat d'Etat, souvent accouplé à une autre activité, et qui tient davantage du placard doré que de la mission avantageuse... Nommer un professionnel avéré à sa tête. Et surtout, ne pas considérer le tourisme français sous le seul angle du «In going» (les étrangers voyageant en France), mais aussi sous celui du 'out going' (les Français voyageant hors de nos frontières). En effet, les entreprises de tour operating et de distribution sont génératrices d'emploi et de recettes fiscales. Entre les volcans capricieux, les crises économiques, les catastrophes naturelles, les révolutions arabes et les grèves chroniques, elles ont récemment encaissé de nombreux coups, sans qu'aucun organe public ne leur tende jamais la main.

Laurent Serfaty

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