Il ne se passe décidément plus une semaine sans que la compagnie Ryanair ne fasse parler d'elle. Rarement en termes élogieux (jamais ?). La saucisse de la semaine a été conquise sans concurrence lors d'un vol Madrid-Les Canaries le 7 septembre dernier. L'appareil qui transportait 160 personnes a dû subitement faire demi-tour suite à un problème de dépressurisation en cabine. 16 personnes ont été traitées par les médecins de l'aéroport suite à des problèmes d'oreille ou d'anxiété. La compagnie s'est excusée...
ça peut arriver, direz-vous. Malheureusement, c'est le 12e incident technique grave qui se produit sur un avion de Ryanair depuis le début de l'année... A Marseille en janvier, avec des problèmes de volets, en février à Zurich avec ? déjà ? un souci de dépressurisation, qui s'est répété à quatre reprises en 2012. En avril à Bergame, des odeurs fétides à bord sont venues s'ajouter à un arrêt brutal du radar météo, alors qu'en mai, entre Ibiza et Eindhoven, une panne a contraint l'aéronef à un atterrissage d'urgence à Charleroi. En juin à Frankfort, suite à un pépin lié au carburant, l'avion s'est posé d'urgence 70 minutes après son décollage ; même chose quelques jours plus tard du côté de Berlin. Juillet détient le record : 3 atterrissages d'urgence faute de kérosène ! Le mois d'août a été marqué par de nouveaux problèmes de volets, récurrents pendant l'été et en un moteur s'est coupé sur un avion aux abords de Milan...
Le plus cocasse ? Le 6 septembre, les passagers d'un vol entre Londres et Rome ont dû être traités, à leur arrivée en Italie, pour des piqures de tiques ! L'appareil a été isolé et désinfecté, des soutes aux ailerons.
Pas de nouvelles de Michael O'Leary, le PDG de Ryanair. Toujours prompt à prendre la parole pour fustiger la susceptibilité de ses passagers (étonnant...) ou la politique commerciale de ses concurrents, le trublion du low cost demeure étrangement muet suite aux manquements répétés de son entreprise. La semaine dernière pourtant, il n'avait pas hésité à convoquer la presse afin de traiter d'idiote l'une de ses clientes qui avait osé se répandre sur Facebook après avoir été pénalisée de 300 euros pour non impression des cartes d'embarquement. Il en avait d'ailleurs profité pour conseiller à tous les mécontents des règles de Ryanair d'aller «se faire voir».
Ce qu'ils ne tarderont pas de faire, sur une autre compagnie... Car si O'Leary continue à garnir les colonnes des faits divers plutôt que les sièges d'avion (la compagnie est assignée dans les Bouches du Rhône pour travail dissimulé), il aura beau jeu de brandir les tarifs les plus attractifs de l'aérien. A 19 euros la piqure de tique, 49 euros la panne moteur et 59 euros l'atterrissage d'urgence, il pourra toujours s'orienter vers le cinéma catastrophe ou les blagues Carambar, toujours en mal d'idées fumantes.
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