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La Tunisie à ciel ouvert

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08 juin 2012 - 14:22

Le tourisme en Tunisie repart. C'est un fait, j'en reviens, et j'y ai croisé nombre de nos compatriotes. Plutôt ravis d'être là, le soleil éclatant et les efforts tarifaires consentis par les hôteliers tunisiens y étant sûrement pour beaucoup. Mais pas seulement.
Le service, talon d'Achille historique du tourisme local, a relevé son niveau d'un cran, voire deux. Les Tunisiens sont prêts pour l'été et font tout ce qu'ils peuvent pour convaincre leurs clients qu'ils ne seront pas déçus de leur séjour. Dont acte.
Là où le bât blesse, c'est que l'aérien ne suit pas. Le débat sur l'ouverture du ciel tunisien remonte à loin et les choses ne sont pas plus avancées pour autant. A savoir que dans ce domaine, la préférence nationale a toujours prévalu, au bénéfice de la compagnie Tunisair et au détriment des compagnies européennes qui, à quelques rares exceptions (Air France et sa compagnie low cost Transavia, par exemple), sont interdites de vol sur les principaux aéroports de Tunisie. Ce qui offre une position quasi-monopolistique à Tunisair qui en profite allègrement pour jouer sur les prix et modifier les horaires de vols comme bon lui semble.
Pendant ce temps, les hôtels attendent leurs clients. Car les avions atterrissant en Tunisie n'ont pas la capacité nécessaire pour remplir les hôtels sur place. Un comble. Il y a plus de lits à pourvoir que de sièges d'avion disponibles et on continue à favoriser une seule compagnie au détriment de l'économie touristique globale du pays ! Quand on sait que, d'une part, le tourisme est la première ressource du pays et que, par ailleurs, la destination repart de très loin suite à la révolution du jasmin, on est en droit de s'interroger sur les motivations d'un tel laxisme.
Ce qui était admis de mauvaise grâce sous le gouvernement Ben Ali sera difficilement tolérable pour les nouveaux dirigeants. Au-delà de l'enjeu économique pour le pays, le blocage du ciel tunisien sonne le glas du règne des privilèges inopportuns.
Pour le touriste, le bénéfice est évident : démocratisation du transport, des tarifs, du nombre de rotations quotidiennes et par conséquent, démultiplication des offres et des différents niveaux de gamme de séjours, baisse des coûts, concurrence des acteurs, et surtout liberté de choix.
Il semble au demeurant qu'un consensus positif se dessine enfin autour de ce dossier crucial puisque le président de l'Assemblée nationale constituante, Mustapha Ben Jaâfar, s'est rendu lundi et mardi derniers à Bruxelles afin de reprendre les négociations avec l'Union européenne. Objectif espéré et affiché : l'open sky en 2013.
Il devait d'ailleurs s'y présenter fin mai. Il se dit qu'une grève «inattendue» de Tunisair l'aurait empêché d'effectuer le voyage...

Laurent Serfaty

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