Les vacances parfaites, ça n'existe pas : il y a toujours des empêcheurs de tourner en rond et des petits tracas perturbateurs qui, mis bout à bout, finissent par être énervants. Pour se détendre un peu avant une rentrée qui s'annonce morose, voici le récit d'une journée imaginaire où surviennent tous les ennuis que chacun a pu vivre lors d'un séjour dans un club de vacances.
2h : Vol charter oblige, rendez-vous au terminal 3 de l'aéroport Roissy CDG pour un décollage à 4h du matin.
8h : J'arrive à l'hôtel club Sun Tropical Palace Paradise Blue Lagoon Palm Beach Spa Casino and Golf Resort. Ereinté par un long voyage, je me réjouis d'avance de retrouver ma chambre, pour me poser et prendre une douche. Bien sûr, la chambre n'est pas prête avant 13h. Il faut laisser ses bagages à la consigne et trouver une occupation pour les prochaines heures.
13h : Une fois les clés en poche, et un plan du resort digne de celui de Disneyland en main, je pars à la recherche de mon nouveau logis, tel un trésor à découvrir. Chambre 6015, bâtiment C, bloc 3, allée 12, 3ème étage escalier B, 1ère à gauche. Le réceptionniste m'indique que je dois prendre le petit train bleu et m'arrêter à la station mini-club 'Les Petits Pirates'.
14h : Trempé de sueur sous un soleil de plomb, je passe enfin la porte du frigo géant numéro 6015. Il est vrai que la plupart des hôteliers considèrent que nous sommes tous des touristes américains appréciant une température ambiante de 12C°... La climatisation est automatique, impossible de la régler ni de l'éteindre.
15h : Il est temps de se détendre à la piscine. Bien sûr, tous les transats ont été réservés depuis l'aube avec une serviette. Je finis par me trouver un petit coin de pelouse. Alors que je suis tranquillement plongé dans mon bouquin, un animateur hurle à pleins poumons pour rameuter des volontaires à la course de sacs de patates. Je décline l'invitation, mais il insiste lourdement, me faisant comprendre que je suis un mauvais vacancier qui ne joue pas le jeu de l'ambiance club.
16h : Séance d'aquagym obligatoire pour tout le monde. La piscine se transforme en discothèque.
18h : Retour à la chambre : ma carte magnétique qui me sert de clé s'est démagnétisée, il faut repasser par la case réception, située à l'autre bout du resort, et attendre patiemment son tour après la longue file de clients faisant leur check in, leur chek out, voulant régler un problème ou comme moi, remagnétiser leur carte.
19h : Après une attente interminable, l'ascenseur finit par s'ouvrir pour me ramener à ma chambre.
20h : La cantine est ouverte, on fait la queue pour savourer des saveurs locales : pizza, pâtes, steak frite. Les desserts gélatineux et autres puddings à la crème ont au moins le mérite de contenter la clientèle britannique.
Minuit : Extinction des feux. Il est où le mode d'emploi ? Il y a toujours une lumière qui reste, impossible à éteindre...
1h : Le technicien passe et trouve la solution.
2h : Mon voisin a décidé de regarder le dernier Bruce Willis et pousse le volume de sa télévision au maximum. J'ai l'impression que c'est la télévision de ma chambre qui est allumée.
3h : La guerre aux moustiques est déclarée.
9h32 : Après une petite grasse matinée raisonnable, je descends prendre mon petit-déjeuner pour constater que c'est trop tard, il n'y a plus rien à manger, le restaurant a fermé à 9h30 ! Même en vacances, il faut se lever tôt. Les jours suivants, je serai à l'heure, me contentant d'un verre d'eau et d'une tasse de thé, toujours mieux que le Tang chimique imbuvable (dans un pays exotique où les orangers font pourtant partie du paysage), tout comme le 'café' de la machine.
Une semaine plus tard à 12h : Il faut rendre la chambre, mais mon avion ne décolle que le soir. Je laisse ma valise dans une remise et je vais faire un dernier plongeon à la plage. Dans sa grande bonté, la réceptionniste m'autorise à prendre une douche à mon retour avant de partir à l'aéroport, moyennant un euro pour le prêt de la serviette...
Toute ressemblance avec un séjour vécu ne serait que pure coïncidence...
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