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12 octobre 2012 - 16:38

Lundi

Des affrontements entre les forces de l'ordre et des manifestants ont fait 49 blessés sur l'île de Djerba, en Tunisie. Du côté de la police, les blessés... C'est la première fois que ce type de troubles touche Djerba, toujours épargnée depuis le début du printemps arabe. Rassurant : ce n'est pas le fait d'islamistes déchaînés, mais d'opposants farouches à la réouverture d'une décharge publique au centre de l'île. Bonne nouvelle finalement, même si on ne cautionne pas la manière. Car il est urgentissime de prendre en mains la gestion des ordures à Djerba et en Tunisie en général. Le fléau des sacs en plastique fleurissant le bord des routes et les palmeraies sera, à très court terme, un frein majeur au développement du tourisme. Que les habitants de l'île prennent spontanément le problème à bras-le-corps me semble de très bon augure.

Mardi

Toutes les compagnies aériennes l'ont constaté : le nombre de demandes de chaises roulantes a radicalement augmenté ces dernières années, passant pour certaines jusqu'à 8% des passagers. Ne pensez pas que le vieillissement de la population soit en cause. La demande d'assistance à l'embarquement pour les personnes non valides ne requérant pas la production d'un justificatif, on vient de découvrir qu'elle permet surtout de griller les lignes de queue et d'embarquer en premier ! On estime ainsi que 50% au moins des demandes de chaises roulantes sont abusives.
Mais le plus surprenant dans cette nouvelle resquille tient à un effet secondaire qui touche assurément au divin... En effet, les équipages ont constaté que le recours au fauteuil roulant opérait essentiellement à l'embarquement, mais très peu à la sortie de l'avion (si les personnes à mobilité réduite montent effectivement les premières dans l'avion, elles sont aussi les dernières à en descendre)... Le vol miracle ! Arthrite, ménisque défectueux, lombaires douloureuses ? Un Paris-Nice et la douleur s'enfuit ! Mieux qu'un pèlerinage à Lourdes, prenez l'avion...

Mercredi

Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas évoqué Ryanair dans nos colonnes. Pour une fois, ce n'est pas Michael O'Leary qui décroche la saucisse de la semaine, mais l'une de ses hôtesses. Elle a accueilli ses passagers par ce délicat message : « Bienvenue à bord de ce vol Ryanair de Paris-Beauvais à Bari, la ville de la mafia et de Saint-Nicolas »... Tollé dans les rangs baresi, on s'insurge, on proteste, un ministre s'en mêlera par voie de presse. Elle aurait pu tout aussi bien préciser : «tous les Italiens sont des voleurs de poules, nous pouvons vous fournir du fil et une aiguille afin de vous coudre les poches avant l'arrivée... 7€50 le set...». Comme quoi, chez Ryanair, il n'y a pas que le vol qui est low cost. L'humour l'est aussi.

Jeudi

Mais l'andouillette de l'année revient à l'unanimité des votes à Roberto Schettino, le désormais célèbre commandant de bord du Costa Concordia qui s'est échoué sur les côtes toscanes au mois de janvier. Il répond à tous les critères nécessaires à l'attribution de la récompense. Non seulement il est parvenu à mettre sur le flanc l'un des fleurons de la marine de loisirs, exploit qui a coûté la vie à 32 passagers ; mais il a immédiatement surenchéri en abandonnant navire, équipage et clients pour se réfugier au sec. Par la suite, non content de monnayer ses interviews à prix d'or, il s'est auto-proclamé héros de la nation, affirmant que sa manœuvre a permis de sauver des centaines de vies... D'autres mériteraient le prix convoité, objecteront certains. C'est sans connaître Roberto, qui vient d'asséner son argument fatal, celui qui distance tous les challengers : licencié depuis le mois de juillet par Costa, il réclame aujourd'hui sa réintégration à son poste et le paiement de ses arriérés de salaire ! Tout en étant poursuivi pour homicide involontaire et abandon de navire...
Après tout, pourquoi ne pas accéder à sa requête ; réintégrons-le sur le bateau qu'il a aimablement garé entre les rochers...

Vendredi

Un passager de la compagnie Alaska Airlines a récemment vécu un vol passablement angoissant entre Burbank et Seattle. Assis côté hublot, il a soudainement constaté que l'aile sous ses yeux était endommagée (le coin de l'un des volets était découpé) ! Pire, un message écrit à la main précisait, appuyé par une flèche tournée vers l'avarie : « whe know about it » (on est au courant) ! Vilain malaise en cabine... Sans conséquence pour autant puisque le vol n'a connu aucune complication. Du côté d'Alaska Airlines, on semble détendu sur le sujet : « ce type d'inscription évite des mails inutiles entres services techniques et permet de ne pas refaire le travail deux fois »... Sûrement très efficace pour la communication entre mécanos ; pour les clients, en revanche, il faudrait revoir la formule.

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