Silvia Cher />
Soucieux de l'environnement, prêts à dépenser jusqu'à 10% de plus, mais en ayant l'assurance de passer ses vacances dans une station écologique qui s'engage dans le recyclage des déchets, encourage les énergies propres et propose des moyens de transport écologiques, les Italiens se révèlent également prêts à abandonner un peu de confort au nom de l'écologie, voire même de se passer de la sacro-sainte télévision.
Tel est le constat quelque peu surprenant qui conclut une enquête de l'Institut d'études sur l'opinion publique, « les Italiens et les vacances vertes ». Il en émerge une nouvelle demande touristique dans le pays : 83% (90% pour les 45-54 ans et les diplômés), estime «important» ou «très important» l'engagement écologique dans le choix de leur destination de vacances.
On peut légitimement se demander quels sont ceux qui ont vraiment mis en pratique ces bonnes intentions. Selon l'étude, 54%, soit plus d'un Italien sur deux, ont déjà considéré comme un facteur discriminant la question écologique dans le choix de sa localité de vacances. Dans les réponses, on tient probablement compte du fait que les lieux de villégiature doivent idéalement offrir aux vacanciers une garantie de propreté et une nature intacte, des caractéristiques que l'on associe aux valeurs écologiques. Mais seraient-ils prêts à payer plus cher pour séjourner dans un hôtel qui répond à des critères environnementaux stricts, soutenu par un écolabel ?
Les Français ont répondu à cette question et, comme les Italiens, ils se montrent vertueux, du moins en théorie : plus de la moitié des personnes interrogées, selon un sondage d'Atout France (Agence pour le développement du tourisme France), est prête à choisir un hôtel qui possède un écolabel et considère la compatibilité environnementale de la structure comme un «plus». En pratique, cependant, seuls 2% ont séjourné dans un établissement de ce type. En ces temps fortement impactés par la crise financière, les voyageurs privilégient avant tout le prix, ensuite le lieu. Après...
« Si la montagne ne va pas à toi, va à la montagne... ». Un message sous forme de proverbe que l'on pourrait adresser aux hôteliers. Bien sûr, la réalisation des normes requises pour obtenir un éventuel écolabel européen nécessite un effort conséquent, essentiellement d'ordre financier, mais installer des panneaux solaires ou remplacer les traditionnels produits d'accueil par des distributeurs plus écologiques sont peut-être des mesures coûteuses au départ, mais sans aucun doute bénéfiques à long terme. D'autres pratiques, comme le recyclage, nécessitent simplement une attention plus importante de la part des clients et surtout du personnel. D'autres encore, comme la conservation de l'eau de pluie, le recyclage des eaux usées ou encore l'utilisation de pots de confiture au lieu des habituelles dosettes à usage unique, ne peuvent qu'alléger la note de l'hôtellerie...
Nos compatriotes, comme nos cousins transalpins, sont pleins de bonnes intentions, mais rarement converties. On attend avant tout des efforts de la part des établissements hôteliers, qui doivent davantage prendre en compte l'aspect environnemental dans le fonctionnement de leur infrastructure. D'ailleurs, nos voisins italiens sont clairs sur ce point : ils préfèrent un endroit décidément pas écologique, plutôt que celui qui fait les choses à moitié ou semblant.
De manière cynique et à courte vue, force est de constater qu'une récession est souvent la seule méthode efficace pour réduire les émissions de CO2. Les crises précédentes l'ont prouvé, le trafic aérien, les ventes d'automobiles ralentissent, de même que la construction immobilière, d'où une moindre utilisation d'acier et de ciment, qui figurent parmi les gros émetteurs de CO2? Mais le véritable « intérêt » de la crise est que le désastre financier éclaircit le diagnostic sur les enjeux environnementaux et énergétiques. Avec un effet pervers sur le consommateur qui ne se mobilise que sur le prix, et sur rien d'autre...
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