Laurent Serfaty />
On nous l'annonce noire. Charbon même. Tous les grands augures de ce monde se sont penchés sur la question. Sans aucun doute, ça sent le sapin !
Economiquement, 2011 était un préambule, un amuse-bouche dit-on. On va rapidement passer aux choses sérieuses. On va vite savoir qui c'est Raoul et on se prépare quelques «nervous breakdown» comme disait Bernard...
Politiquement, on entre dans une année d'élection donc, historiquement, d'indécision. Dans tous les domaines, à commencer par la consommation. On peut toujours chercher le rapport, lorsqu'on élit le président en France, on n'achète plus rien, c'est comme ça.
Géopolitiquement, c'est le grand point d'interrogation. La planète mute, les pays occidentaux vivent une crise majeure, les pays émergeants frappent à la porte pour leur souffler le podium, le monde arabe fait son coming-out, la Chine prête des sous à tout le monde, les pôles fondent et on se demande toujours si nos euros ne vont pas servir qu'à emballer le poisson...
D'un point de vue plus solennel, la fin du monde est pour demain. Pour l'an prochain, les devins sont formels, c'est la fête au malheur : préparez-vous à tout, quand on s'attend au pire, on n'est jamais déçu ! Par ordre d'importance (si c'est possible...), en 2012 : nous serons envahis par les extraterrestres (des méchants, pas des ET), les pôles vont s'inverser (réglez vos montres), nous subirons des vents solaires qui vont nous cuire comme des merguez, un super volcan va s'éveiller quelque part mais on ne sait pas encore où (on vous tiendra au courant), et les aéroports français seront en grève pour chaque départ en vacances (on le savait déjà...) !
Pour finir l'année en beauté, le 21 décembre 2012 sonnera l'apocalypse suprême, la fin de l'humanité, d'après le calendrier maya révélé en 1524. Pour une bonne prévision, achetez maya, on vous fera un prix et vous serez toujours bien servis.
On pourrait s'inquiéter...
Se dire qu'on n'aurait jamais dû investir dans une assurance-vie ou payer ses impôts...
Que c'était bien la peine d'être diplomate avec sa belle-mère ou d'être poli avec son banquier...
On peut aussi se convaincre que le moment est venu d'en profiter. Pour partir voir tout ce qu'on n'a pas vu, rencontrer ceux qu'on n'a jamais croisés, visiter ces lieux dont on a rêvé, naviguer sur ces eaux qu'on a imaginées, contempler ces horizons qu'on destinait à plus tard... se réapproprier le globe terrestre afin qu'on puisse finalement juger s'il mérite réellement les foudres qu'on lui prophétise. Comme disait La Rochefoucauld : «pour juger le monde, il faut le voir de loin et l'avoir beaucoup vu de près»...
Hemingway, quant à lui, écrivait «Il se dit que le monde est beau et vaut la peine qu'on se batte pour lui. Je suis d'accord avec la deuxième partie». Personnellement, je suis d'accord avec les deux.
En 2012, voyagez et partagez !
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