C'est une sacrée surprise qui attend les quelque 550 000 voyageurs qui empruntent quotidiennement la ligne C du RER. S'ils ont un peu de chance, après avoir attendu la rame sur le quai, ils entreront de plain-pied dans l'univers de Versailles, au coeur de la magnificence des décors tout en dorure de ce château bâti pour Louis XIV.
En effet, sur les 20 rames de cette ligne, 5 d'entre elles vont avoir le privilège, d'ici septembre, d'être entièrement décorées à la manière des plus belles pièces du château de Versailles. Galerie des Glaces, chambre de la reine au Petit Trianon, temple de l'Amour, bibliothèque du roi, galerie des Batailles ou treillis de roses des jardins du parc composeront l'environnement magique des voyageurs le temps de leur trajet.
Cette belle idée est le fruit de la collaboration entamée il y a trois ans entre la SNCF et le château de Versailles. « C'est la ligne du RER qui accueille le plus de touristes, environ 10% du trafic quotidien. Nous avons pensé qu'il fallait « faire entrer » les monuments les plus visités dans les rames », a déclaré Bénédicte Tilloy, directrice générale du Transilien à la SNCF.
Pour réaliser cette prouesse, un film plastique sur lequel a été reproduit les décors du château de Versailles a été appliqué sur les parois intérieures du train. Ce pelliculage d'une durée de vie prévue pour deux ans devrait ainsi habiller ces cinq rames jusqu'en 2015 (année de leur rénovation) et offrir aux touristes un avant-goût de ce qu'ils vont découvrir lors de la visite du château.
L'inauguration de la première rame décorée a aussi été l'occasion de rappeler que la gare de Versailles-Rive gauche a été rebaptisée Versailles-Château-Rive gauche afin d'éviter des erreurs de destination aux touristes qui se retrouvaient souvent à Versailles-Chantiers, l'autre gare versaillaise assez éloignée du château.
Dans le futur, des décors devraient venir embellir les wagons des autres lignes. « On pourrait très bien imaginer avec d'autres partenaires des ambiances de forêts ou de sites touristiques » a ajouté Bénédicte Tilloy. Ce serait alors une nouvelle façon de faire du presque neuf avec du très vieux (mais très beau) !